Pour vous faire des amis dans une nouvelle ville, commencez dès la première semaine : devenez un habitué quelque part, inscrivez-vous à deux activités régulières et dites oui à presque toutes les invitations pendant trois mois. Cherchez aussi les autres nouveaux arrivants, qui ont autant besoin de vous que vous d’eux. Comptez plusieurs mois avant de vous sentir chez vous, et ne prenez pas le creux du début pour un échec.

En bref

  • Semaine 1 : un café, un marché ou une boulangerie, toujours au même moment. Prévenez vos proches que vous cherchez des contacts sur place.
  • Mois 1 : deux rendez-vous fixes par semaine, dont un avec d’autres nouveaux venus. Les AVF existent pour cela.
  • Mois 2 à 4 : passez de la connaissance au copain, avec une invitation précise ou une petite crémaillère.
  • Selon la ville : dans une métropole, restez dans votre quartier. En petite ville, une seule association peut suffire.
  • Le moral baisse souvent après quelques semaines. C’est courant, et cela passe mieux si vous gardez vos rendez-vous.

Imaginons que vous veniez de vous installer à Rennes pour un nouveau poste, sans connaître personne. Votre premier week-end passe dans les cartons. Le deuxième aussi. Le troisième, il n’y a plus de cartons, et c’est là que le silence commence. Le calendrier ci-dessous vise ce moment-là. Il fonctionne aussi à Liège, à Lausanne ou à Clermont-Ferrand.

La première semaine : devenir un habitué quelque part

Avant de chercher des amis, cherchez des visages. Choisissez un café, une boulangerie ou un stand au marché, et revenez le même jour, à la même heure. Au bout de trois ou quatre passages, on vous reconnaît. Le détail compte plus qu’il n’y paraît : selon l’étude Solitudes 2025 de la Fondation de France, 23 % des habitants des grandes agglomérations ont parlé de sujets personnels avec un commerçant de leur quartier au cours de l’année écoulée.

Profitez ensuite de votre statut de nouveau, car c’est le seul moment où aborder les gens est socialement facile. Dites bonjour sur le palier : « Je viens d’emménager au troisième, si je fais trop de bruit, dites-le-moi. » Passez à la mairie ou regardez son site : vous y trouverez la liste des associations, et certaines communes invitent leurs nouveaux habitants à un pot d’accueil.

Enfin, activez votre réseau. Écrivez à vos proches et à vos anciens collègues : « Je viens d’arriver à Rennes, tu connais quelqu’un sur place ? » Un ami d’ami accepte bien plus facilement un café qu’un inconnu, et vous partez avec un sujet de conversation tout trouvé.

Le premier mois : deux rendez-vous fixes

L’objectif est simple : deux créneaux dans la semaine où l’on vous attend. L’un pour ce que vous aimez, l’autre pour rencontrer du monde. Les deux peuvent se confondre si vous avez de la chance.

Commencez par l’adresse la moins connue et la mieux adaptée : les Accueils des Villes Françaises (AVF). Ce réseau associatif existe précisément pour les personnes qui arrivent. « Nouveau dans la ville ? Les AVF vous accueillent », annonce son site, avec des rencontres amicales, des sorties et des animations menées par des bénévoles, du club de lecture au café philo. Le public varie d’une ville à l’autre : allez voir une fois avant de vous faire une idée.

Le forum des associations, en septembre dans la plupart des villes, est votre deuxième porte. Si vous arrivez à un autre moment de l’année, n’attendez pas : les clubs acceptent souvent des essais en cours de saison, et janvier offre une seconde rentrée. À Paris, par exemple, les Cours d’Adultes rouvrent leurs inscriptions du 5 au 25 janvier 2027 pour le second semestre, et ils sont ouverts aux personnes de plus de 18 ans, parisiennes ou non.

Côté bénévolat, Benenova propose dans plusieurs grandes villes des missions collectives d’une à cinq heures, où l’on peut venir seul. C’est un bon test avant de vous engager plus longtemps. Si vous êtes étudiant en mobilité, le réseau ESN France a des associations locales dans plus de 30 villes étudiantes.

💡 Ciblez les nouveaux : les gens installés ont déjà leur vie. Ceux qui viennent d’arriver ont des week-ends vides, comme vous. Au travail, demandez qui a rejoint l’équipe cette année. Dans un club, repérez la personne qui cherche le vestiaire.

Arriver seul dans une nouvelle ville : le passage à vide

La nouveauté s’use vite. Les premières semaines, tout est à découvrir. Puis vient une période plus plate, où vous avez les clés, le trajet, la carte de bibliothèque, mais personne à appeler un dimanche. Quand on a choisi de déménager seul, c’est souvent là que le doute arrive, et que l’on se met à rentrer voir ses anciens amis tous les week-ends en abandonnant l’atelier du mardi.

Tenez bon sur deux points. Gardez vos rendez-vous, même si la séance précédente était sans intérêt : la répétition fait le travail, quelle que soit votre humeur. Et limitez les retours « à la maison » pendant les trois premiers mois. Un week-end sur trois ou quatre suffit. Chaque week-end passé ailleurs est un week-end de moins ici, et le dimanche soir du retour fait toujours un peu mal.

Gardez le lien avec vos anciens amis autrement : une note vocale pendant vos trajets, un appel fixe chaque mois. Ils restent votre filet de sécurité pendant que le reste se construit.

Prévoyez aussi vos dimanches, le point faible de presque tous les déménagements. Une randonnée avec un club (la FFRandonnée annonce 3 300 clubs), un vide-grenier, un marché : décidez-le dès le vendredi, parce que le dimanche à 15 h, il sera trop tard pour avoir envie.

Du deuxième au quatrième mois : faire le premier pas

À ce stade, vous connaissez quelques personnes. Reste à sortir du cadre. Proposez une chose précise à une personne précise : « Je découvre le quartier, tu connais un bon endroit pour bruncher ? On pourrait tester dimanche. » Votre statut de nouveau aide encore, car demander un conseil est une excellente invitation déguisée.

Puis faites votre crémaillère. Personne ne l’exige, et c’est pour cela qu’elle marche : deux collègues, le voisin du troisième, une personne de l’atelier, des chips, et vous devenez le point de rencontre. Si cela ne prend pas, recommencez avec d’autres. Vous trouverez d’autres phrases utiles dans notre guide pour se faire des amis à l’âge adulte.

Paris, grande ville ou petite ville : ce qui change

Les chiffres de la Fondation de France résument bien la différence. En ville, c’est le sentiment de solitude qui domine : 28 % des habitants des villes de plus de 100 000 habitants se sentent seuls, contre 21 % en milieu rural. À la campagne, c’est l’isolement : 14 % des habitants des communes rurales sont isolés, contre 9 % dans l’agglomération parisienne et les grandes villes.

À Paris et dans les grandes villes, l’offre est immense et les gens sont pressés. Le piège est l’éparpillement : un ami à une heure de RER est un ami que vous verrez deux fois par an. Choisissez vos activités à moins de vingt minutes de chez vous et faites de votre quartier une petite ville.

Dans une ville moyenne ou à la campagne, l’offre est plus mince, mais tout le monde se recroise. Une seule association, pourvu qu’elle vous plaise à peu près, peut vous ouvrir la moitié de la ville. Prenez une petite responsabilité, comme la buvette ou les clés de la salle, et proposez le covoiturage : un trajet partagé est une conversation d’une demi-heure.

En Belgique et en Suisse, les mêmes règles valent, avec d’autres adresses. La Plateforme francophone du Volontariat diffuse des annonces côté belge, où l’on parle de volontariat plutôt que de bénévolat. Côté suisse, regardez Bénévolat Vaud et Bénévolat Genève. Si vous partez outre-Atlantique, lisez notre guide pour se faire des amis au Québec.

Si vous télétravaillez

Le télétravail retire le dernier lieu de rencontre automatique. Si vous déménagez avec un poste à distance, sortez de chez vous au moins un jour par semaine : un espace de coworking, une bibliothèque ou un tiers-lieu où vous reviendrez le même jour. Il y en a aussi loin des métropoles : France Tiers-Lieux en a recensé plus de 4 000 dans le pays, dont 35 % en zone rurale. Proposez un déjeuner aux gens d’à côté, et bloquez ce créneau comme une réunion.

Et les applis pour rencontrer des gens ?

Elles sont utiles pour les soirs vides, surtout au début. Celles qui mènent à des sorties dans votre ville sont présentées dans notre comparatif des meilleures applis pour se faire des amis.

Rimeso, l’appli que nous développons, joue un rôle différent : vous y discutez chaque jour avec un petit cercle, ce qui peut aider pendant les soirées creuses d’un déménagement. Mais ses cercles ne sont pas organisés par ville, elle ne prévoit aucune rencontre en personne, et les échanges s’y font en anglais ou en hindi, jamais en français pour l’instant, même si l’interface l’est. Gardez-la pour la conversation si l’anglais ne vous gêne pas, et comptez sur les pistes locales pour le reste.

Si le moral ne remonte pas après quelques mois, ou si le sommeil et l’appétit s’en mêlent, parlez-en à un médecin ou à quelqu’un de confiance. Notre article sur comment sortir de la solitude peut vous aider à y voir plus clair.

Questions fréquentes

Comment rencontrer des gens dans une nouvelle ville quand on arrive seul ?

Devenez un habitué d’un café ou d’un marché, demandez à vos proches s’ils connaissent quelqu’un sur place et inscrivez-vous à deux activités régulières. Les Accueils des Villes Françaises (AVF), le forum des associations de septembre et le bénévolat en équipe sont de bons points de départ.

Que faire le week-end quand on ne connaît personne ?

Prévoyez une activité à l’avance, surtout le dimanche : une randonnée avec un club, un marché, un vide-grenier, une mission de bénévolat courte ou une sortie proposée sur une appli. Évitez de rentrer chez vos anciens amis tous les week-ends pendant les premiers mois.

Que sont les AVF ?

Les AVF, ou Accueils des Villes Françaises, forment un réseau associatif qui accueille les nouveaux arrivants en France. Leurs bénévoles organisent des rencontres amicales, des sorties et des animations, par exemple un club de lecture ou un café philo. Le répertoire des AVF se trouve sur le site de leur union nationale.

Faut-il chercher des locaux ou d’autres nouveaux arrivants ?

Les deux, mais commencez par les nouveaux arrivants, qui ont du temps et cherchent la même chose que vous. Les habitants installés viendront ensuite, le plus souvent grâce à une activité régulière ou à un collègue.

Sources

Un petit cercle qui vous comprend vraiment.

Rimeso vous propose une question par jour à partager avec un petit cercle privé, choisi selon vos centres d’intérêt. Pas de fil, pas d’abonnés, pas de publicité. Environ quatre minutes par jour.

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Si vous allez mal en ce moment : Rimeso et cet article ne remplacent pas un suivi professionnel. Si vous vous sentez en danger, contactez les urgences de votre pays, ou trouvez une ligne d’écoute gratuite et confidentielle sur findahelpline.com. En France, le 3114 répond à toute heure. Au Canada, appelez ou textez le 9-8-8.