Pour vous faire des amis au Québec, misez sur trois portes d’entrée : un organisme d’accueil si vous venez d’arriver, une activité hebdomadaire dans votre quartier (centre communautaire, ligue de sport, bénévolat) et votre milieu d’études ou de travail, où le 5 à 7 sert souvent de première invitation. À Montréal, l’offre est immense mais les gens sont occupés. En région, il y a moins de choix, et on vous remarque plus vite. Dans les deux cas, inscrivez-vous à quelque chose avant l’hiver.

En bref

  • Nouvel arrivant : le service Accompagnement Québec est gratuit, et la TCRI liste plus de 150 organismes membres dans toute la province.
  • Francisation : des cours gratuits pour les personnes admissibles, le jour ou le soir. Une classe, c’est aussi un premier groupe.
  • Montréal : pensez quartier, sinon votre agenda se remplira de premières fois sans lendemain.
  • Régions : une ligue de quilles ou un centre d’action bénévole peut vous ouvrir toute une ville.
  • Hiver : trouvez votre rendez-vous hebdomadaire dès l’automne. En février, il sera trop tard pour avoir envie.

Nouvel arrivant au Québec : les premiers contacts

Si vous immigrez, commencez par le service Accompagnement Québec. Il est gratuit et personnalisé : un agent d’aide à l’intégration évalue vos besoins et prépare avec vous un plan d’action, qui couvre l’installation, la vie quotidienne, le français et l’emploi. Il s’adresse aux personnes qui ont déjà un statut d’immigration, et la demande se fait sur la plateforme Arrima ou par téléphone. Les services d’installation passent par des organismes communautaires partenaires, et c’est là que les choses deviennent intéressantes pour votre vie sociale.

Ces organismes sont précieux pendant les premiers mois. La TCRI, qui les regroupe, compte plus de 150 membres répartis dans tout le Québec. Elle ne reçoit pas les particuliers, mais sa liste de membres permet de trouver celui de votre région. À Québec, le Centre multiethnique propose un calendrier d’activités, du bénévolat et du jumelage interculturel pour les familles. À Sherbrooke, le Service d’aide aux Néo-Canadiens tient chaque mois des séances d’information sur la vie au Québec, et le jumelage interculturel y figure parmi les façons de s’impliquer.

Demandez ce qui existe près de chez vous. Un jumelage vous relie à quelqu’un d’ici, et c’est souvent le chemin le plus court vers une première invitation à souper.

Le sujet n’a rien d’accessoire. Selon Statistique Canada (données de 2018), les immigrants récents obtenaient 1,49 sur une échelle de solitude de 0 à 3, contre 1,36 pour les personnes nées au Canada. Et cette solitude ne diminue pas forcément avec les années passées au pays. Mieux vaut donc s’en occuper dès le début.

La francisation : un cours, et souvent un premier groupe

Si le français n’est pas votre langue, le gouvernement du Québec offre des cours gratuits aux personnes admissibles de 16 ans et plus. À temps complet, on compte généralement 25 à 30 heures par semaine, sur des sessions de 10 semaines. À temps partiel, de 6 à 20 heures par semaine, le jour ou le soir, en semaine ou la fin de semaine. Les conditions évoluent : regardez la page officielle avant de vous organiser.

Pour les amitiés, ce format a un avantage énorme : vous retrouvez les mêmes personnes plusieurs fois par semaine, toutes dans la même situation que vous. Proposez un café après le cours dès la deuxième semaine. Ce groupe ne partagera pas forcément votre langue maternelle, et c’est tant mieux pour votre français.

Si vous êtes déjà francophone, vous avez l’avantage de la langue, mais pas encore celui des codes. Proposez vos services à un organisme d’accueil : le bénévolat vous fera rencontrer, dès les premières semaines, des gens d’ici et d’ailleurs.

Se faire des amis à Montréal : pensez quartier

À Montréal, le piège ressemble à celui de Paris : tout existe, tout est loin, et votre agenda se remplit de premières fois sans lendemain. Faites de votre quartier votre terrain de jeu. Cherchez ce qui se trouve à moins de vingt minutes de chez vous : centre communautaire, ligue de sport amateur, chorale, atelier. Les inscriptions aux loisirs se font souvent par session, surtout à la fin de l’été et au début de l’année. Notez ces dates.

Si votre budget est serré, Accès-Loisirs Québec vise à rendre le loisir sportif, culturel et de plein air gratuit pour les personnes à faible revenu, avec des inscriptions en septembre et en janvier. Regardez s’il existe un point de service près de chez vous.

Côté applis, Timeleft est présent à Montréal, à Québec et à Ottawa, sur abonnement payant, OVS a des communautés à Montréal et à Québec, avec son forfait Premium pour participer, et l’appli BFF de Bumble est proposée au Canada. Meetup reste utile pour trouver un groupe autour d’une passion. Notre comparatif des meilleures applis pour se faire des amis détaille les limites de chacune.

Montréal a une autre particularité : on peut y vivre en français et en anglais. Si vous êtes à l’aise dans les deux langues, votre terrain de rencontres double. Et ne vous cantonnez pas à vos compatriotes, même si les premiers amis en viennent souvent. Les groupes de Français à Montréal sont rassurants, et ils sont aussi un excellent moyen de ne jamais rencontrer de Québécois.

En région : moins d’adresses, plus de visibilité

À Sherbrooke, à Rimouski, à Saguenay ou à Trois-Rivières, vous trouverez moins d’activités, mais chacune compte davantage. Une fois inscrit à la ligue de quilles, on vous salue à l’épicerie, à l’aréna, à la fête de la municipalité. Il y a une contrepartie : des groupes d’amis formés depuis longtemps, une voiture souvent nécessaire et moins de nouveaux arrivants pour partager votre situation.

Trois bonnes adresses de départ :

  • La programmation de loisirs de votre municipalité, en général publiée avant chaque session.
  • Les centres communautaires de loisir, comme les patros : leur fédération québécoise en réunit près d’une centaine.
  • Les centres d’action bénévole : le site jebenevole.ca, appuyé par leur fédération, permet de chercher des occasions selon vos intérêts.

Dites oui à tout pendant la première année. Si on vous invite à une épluchette de blé d’Inde ou à une sortie à la cabane à sucre, allez-y, même si vous ne savez pas exactement ce qui vous attend. C’est précisément pour cela qu’on vous invite.

Au cégep et à l’université

Si vous étudiez, vous avez le meilleur cadre possible, surtout au début. Le réseau compte 48 cégeps répartis dans les 17 régions administratives du Québec. La formation préuniversitaire y dure deux ans : les liens se créent vite, et les groupes se figent vite aussi. Inscrivez-vous à une activité de vie étudiante dès la première session, sport, théâtre, comité, peu importe.

À l’université, l’accueil est souvent bien organisé. L’Université de Montréal, par exemple, annonce des journées d’accueil, du parrainage étudiant, des regroupements étudiants, des troupes de chant, de danse et de théâtre, et des cafés étudiants. Renseignez-vous auprès de votre association étudiante et du service de votre établissement qui s’occupe des étudiants étrangers. Un café étudiant où vous revenez chaque mardi vaut mieux qu’une grosse soirée de rentrée.

Le premier hiver, le vrai test

Les amitiés de l’été fondent parfois en novembre : il fait noir tôt, les terrasses ferment, tout le monde rentre chez soi. La parade tient en une phrase : inscrivez-vous avant le froid, en septembre ou en octobre, à quelque chose qui se passe à l’intérieur ou qui se pratique l’hiver. Quilles, curling, ski de fond, raquette, patin, chorale : l’essentiel est d’avoir un rendez-vous qui ne dépend pas de votre motivation de février.

Profitez aussi de ce que l’hiver québécois a de social. Le Carnaval de Québec se tient du 5 au 14 février 2027, et Igloofest fait danser Montréal en plein air, sur le quai Jacques-Cartier, pendant quatre fins de semaine, du 14 janvier au 6 février 2027. Proposez à deux personnes de votre cours ou de votre bureau de vous accompagner : on se souvient longtemps d’avoir eu froid ensemble.

Si le moral s’effondre malgré tout, parlez-en à un médecin ou à quelqu’un de confiance, et lisez comment sortir de la solitude. En cas de détresse, le 9-8-8 est joignable par appel ou par texto, à toute heure, en français ou en anglais, partout au Canada.

Les codes à connaître

  • Le tutoiement arrive vite, y compris au travail. Si vous venez de France, n’y voyez aucune familiarité et répondez sur le même ton.
  • Le 5 à 7 est le verre de fin de journée entre collègues ou amis. Allez-y : c’est souvent là que la conversation quitte le bureau.
  • Les repas changent de nom : on déjeune le matin, on dîne le midi et on soupe le soir. Une invitation à dîner à midi n’a donc rien d’étrange.
  • « On se reparle » est une formule de politesse, comme « il faudrait qu’on se voie » en France. Proposez une date.
  • Évitez les comparaisons. « Chez nous, c’est mieux » lasse très vite. La curiosité, elle, passe très bien : demandez comment on fait une tourtière, ou pourquoi tout le monde parle du Canadien.

Se faire des amis au Canada, hors du Québec

Hors du Québec, vous vivez dans un environnement majoritairement anglophone, avec des communautés francophones dans neuf provinces et trois territoires. Le portail Immigration francophone, de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), explique comment vivre en français et s’établir dans une communauté, avec une carte interactive. C’est le bon point de départ si vous arrivez à Moncton, à Ottawa, à Winnipeg ou à Vancouver.

Ces communautés sont souvent petites, et c’est leur force : quelques événements suffisent pour qu’on vous connaisse. Ne vous y limitez pas pour autant. Un deuxième cercle en anglais, grâce au sport ou au bénévolat, vous ancrera dans votre ville. Si vous avez besoin d’un calendrier pour les premières semaines, notre guide pour se faire des amis dans une nouvelle ville vaut partout, et notre article pour se faire des amis à l’âge adulte donne les phrases du premier pas.

Et Rimeso au Canada ?

Rimeso, l’appli que nous développons, est ouverte au Canada. Autant le dire tout de suite : elle ne vous aidera pas à rencontrer des gens à Montréal ou à Gatineau. Ses cercles ne sont pas organisés par ville, elle n’organise aucune rencontre en personne, et les questions comme les échanges se font en anglais ou en hindi, même si l’interface est en français. Elle existe uniquement sur Android. Elle peut convenir si vous êtes à l’aise en anglais et si vous cherchez de la conversation pendant les longues soirées d’hiver, en plus de tout ce qui précède.

Questions fréquentes

Comment se faire des amis à Montréal quand on vient d’arriver ?

Choisissez une activité régulière à moins de vingt minutes de chez vous, dans un centre communautaire, une ligue de sport ou un atelier, et ajoutez un organisme d’accueil si vous êtes nouvel arrivant. Les 5 à 7 entre collègues sont aussi une bonne occasion. Revenez aux mêmes endroits chaque semaine.

Où trouver un organisme pour nouveaux arrivants au Québec ?

La TCRI, qui regroupe plus de 150 membres à travers le Québec, publie une liste de ses membres. Le service gratuit Accompagnement Québec peut aussi vous orienter si vous avez déjà un statut d’immigration.

Les cours de francisation sont-ils gratuits ?

Oui, pour les personnes admissibles. Le gouvernement du Québec offre des cours de français gratuits aux personnes de 16 ans et plus qui vivent au Québec et qui ne sont pas soumises à l’obligation de fréquentation scolaire, à temps complet ou à temps partiel. Les conditions à jour se trouvent sur Québec.ca.

Comment ne pas s’isoler pendant le premier hiver ?

Inscrivez-vous dès septembre ou octobre à une activité hebdomadaire d’intérieur ou d’hiver, comme les quilles, le curling, la raquette ou une chorale. Prévoyez aussi des sorties à plusieurs, par exemple au Carnaval de Québec ou à Igloofest. Si le moral baisse durablement, parlez-en à un médecin.

Comment vivre en français ailleurs au Canada ?

Commencez par le portail Immigration francophone de la FCFA, qui présente la vie en français hors du Québec et les Réseaux en immigration francophone. Ajoutez un club ou une activité en anglais pour vous ancrer aussi dans votre ville.

Sources

Un petit cercle qui vous comprend vraiment.

Rimeso vous propose une question par jour à partager avec un petit cercle privé, choisi selon vos centres d’intérêt. Pas de fil, pas d’abonnés, pas de publicité. Environ quatre minutes par jour.

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Si vous allez mal en ce moment : Rimeso et cet article ne remplacent pas un suivi professionnel. Si vous vous sentez en danger, contactez les urgences de votre pays, ou trouvez une ligne d’écoute gratuite et confidentielle sur findahelpline.com. En France, le 3114 répond à toute heure. Au Canada, appelez ou textez le 9-8-8.